Le nom LEICA provient de la contraction de LEITZ CAMERA. L’usine Leica, dont le siège est à Wetzlar en Allemagne, a été créée en 1849. Le créateur de boîtiers photographiques Oskar Barnack a eu l’idée d’utiliser la pellicule cinématographique de 35mm. Il a ainsi conçu un petit appareil photographique capable d’une précision scientifique. Ce prototype appelé UR-Leica était à la fois robuste, peu encombrant et léger. Il a véritablement révolutionné toute l’histoire de la photographie.

Le 21ème siècle est résolument numérique. Aujourd’hui, l’image est présente partout dans notre quotidien et nous sommes tous photographes ! Mais avons-nous pleinement conscience de ce que nous devons à la firme de Wetzlar ?


Oskar BARNACK & Max BEREK, inventeurs de génie

L’usine Leica, dont le siège est à Wetzlar (Allemagne), a été créée en 1849. Initialement, l’Optische Institut Von Ernst Leitz était dédié à la conception de microscopes. Le secteur des équipements photographiques s’y est développé à partir de 1885 pour produire des caméras et des projecteurs cinématographiques. La révolution photographique menée par la marque Leica est née de l’union des talents d’Oskar Barnack et de Max Berek.

  • Oskar Barnack, créateur de boîtiers photographiques, a utilisé la pellicule cinématographique de 35mm pour concevoir un petit boitier photographique robuste, aussi précis qu’un appareil scientifique. Ce prototype a été désigné UR-Leica (UR Bild signifiant en allemand prototype).
  • Max Berek, concepteur d’optiques, a optimisé les qualités de la pellicule cinématographique en créant un objectif anastigmat sans reflet ni déformation. Cette optique, capable de restituer une perspective identique à celle perçue par l’œil humain, est l’objectif Elmar 50mm f:1,35.

Ces innovations majeures ont dépassé très largement le cadre de la seule marque Leica : tous les appareils 24x36mm de toutes les marques ont ainsi été équipés avec un objectif standard de 50mm de focale.


Leica, la recherche perpétuelle de la perfection

Les développements successifs des appareils Leica peuvent être classés en trois grandes catégories : les boîtiers, les objectifs et les accessoires. Les recherches et développements ont dépassé tout ce que les photographes du début du XXème siècle pouvaient espérer ou imaginer.

  • Boîtiers: La Maison Leitz a démontré un souci particulier pour l’ergonomie des boîtiers photographiques, leur qualité, leur esthétique et leur fiabilité.
  • Optiques: La qualité des optiques était fondamentale. L’enjeu était de faire « de grandes photographies contenues sur un petit support de 24x36mm ». Le but était d’obtenir un piqué optimal et la meilleure luminosité possible, tout en prenant en compte le poids et l’encombrement de l’ensemble du matériel photographique. De surcroît, il fallait aussi pouvoir proposer une large gamme de focales différentes afin de répondre aux attentes des photographes, en fonctions de leurs spécialisations respectives : portrait, reportage, paysages, applications scientifiques et/ou médicale (adaptateurs pour microscopes ou endoscopes…).
  • Accessoires: Injustement désignés comme « accessoires », ils se sont pourtant révélés constamment essentiels en permettant par exemple l’apport de lumière grâce au flash, une plus grande précision dans le cadrage grâce aux viseurs additionnels, ou encore en permettant l’addition d’un moteur d’armement pour les photos de sport, d’une cellule posemètre…etc…

Un siècle d’histoire du légendaire Leica M

  • 1923 – Leica 0 Prototype 1

La grande guerre a contraint la firme Leitz à différer la production de son petit appareil photographique. Oskar Barnack a réalisé en 1923 une présérie de trente unités, désignée « Leica 0 », dans le but de tester ce nouveau modèle auprès du public. Le passage à l’an deux-mille a été célébré par la production à deux mille exemplaires d’une réplique fonctionnelle du fameux Leica 0 avec viseur iconométrique pliant, conforme aux dessins originaux de l’appareil n° 104 conservé au musée Leica Camera.

Leica 0 - Karine Nowak

  • 1933 – Leica Standard

Avec le Leica I, la pellicule photographique 24x36mm est devenue le format standard en photographie argentique. Toute la performance de cet appareil tenait dans cette simple formule : « petits négatifs, grandes images » ! L’objectif Elmar rétractable réduisait l’encombrement du boitier. La mise au point s’effectuait par modulation sur le pas de vis. Il y avait également la possibilité d’adapter un télémètre sur la griffe porte-accessoires. Ce Leica a donné lieu à de multiples versions intégrant de nouvelles améliorations.

Leica I Standard - Karine Nowak

  • 1933 – Leica II

Le Leica II intégrait un télémètre couplé avec le réglage de la mise au point sur l’objectif. Une visée directe et un prisme pivotant formaient deux images. Il suffisait alors d’actionner le réglage de mise au point sur l’objectif jusqu’à ce que les deux images se superposent pour obtenir la netteté du sujet. Une cellule posemètre fixée sur la griffe porte-accessoires indiquait le réglage couplé diaphragme / vitesse de déclenchement pour permettre une juste exposition lumineuse.

Leica II - Karine Nowak

  • 1933- Leica III

Le Leica III possédait un télémètre incluant une loupe permettant une mise au point plus précise. Il disposait de deux sélecteurs de vitesse d’obturation : le premier pour les vitesses rapides situé sur le capot, et le second pour les vitesses lentes situé sur la face du boitier. Les ateliers Leitz pouvait ajouter à la demande une prise pour la synchronisation du flash. L’assemblage présenté ci-dessous était destiné à la duplication de documents, dessins ou photographies à l’aide d’un statif dédié.

Leica III - Karine Nowak

  • 1940 – Leica IIIc

Le Leica IIIc intégrait une prise contact flash. Le modèle présenté ci-dessous a été modifié afin que soit installé un déclencheur à retardement qui sera intégré dans les modèles qui lui succèderont (Leica IIIf et Leica IIIg). En situation de reportage, le viseur « ROSOL » permettait une visée rapide mais dépourvue d’aide télémétrique. La maitrise de l’outil dépendait de la maestria du photographe…


  • 1949 – Leica Ic

Conçu sans viseur ni télémètre, cet appareil était initialement destiné à être assemblé sur un microscope ou une chambre réflex. Avec la multitude d’accessoires proposés par Leica, ce modèle pouvait également recevoir des objectifs à vis M39, un viseur ainsi qu’un télémètre sur ses deux griffes porte-accessoires.

Leica Ic - Karine Nowak

  • 1954 – Leica IIIf

Le Statif portatif « BOOWU » permettait la reproduction de documents jusqu’au format A4, en fonction de l’embase choisie et du déploiement des quatre pieds. Le viseur d’angle « WINTU » apportait un confort de travail. L’ensemble pouvait être contenu dans un simple cartable de cuir : le matériel parfait pour l’espionnage industriel !

Leica IIIf - Karine Nowak

  • 1954 – Leica M3

Avec le M3, Leica a mis un terme aux montures à vis en proposant une fixation plus sûre pour ses objectifs : la baïonnette. Ce modèle disposait d’un viseur télémétrique plus précis avec correction automatique de parallaxe. Le levier d’armement rapide facilitait l’avancement du film. Un viseur multifocal additionnel « VIDOM » très précis, fixé dans l’axe de l’objectif, permettait une plus grande luminosité. Le cadrage était ajusté en fonction de l’optique adaptée sur le boitier.

Leica M3 - Karine Nowak

  • 1957 – Leica IIIg

Pour le Leica IIIg, le système d’armement Leicavit ajouté sous la semelle du boitier permettait un armement rapide ainsi que l’avancement du film. La cellule posemètre fixée sur la griffe porte accessoires a été optimisée, mais nécessite cependant l’ajout d’un petit écran booster.

Leica IIIg - Karine Nowak

  • 1957 – Leica Ig

Le Leica Ig fait partie d’une lignée de boitiers spécifiques conçus sans viseur intégré, nécessitant un viseur additionnel ou une chambre réflex destinée aux photographies scientifiques. À partir de 1951, le terme Visoflex désignait chez Leica l’ensemble des chambres reflex pouvant s’intercaler entre le boitier et les objectifs à vis M 39 d’une part, ou entre le boîtier et un soufflet macrophotographique d’autre part. La première chambre reflex Leica nommée « PLOOT » datant de 1935 permettait de viser directement au travers de l’objectif. Il était possible d’adapter l’appareil photographique sur un microscope ou un téléobjectif.


  • 1958 – Leica M2

Produit de 1958 à 1968, le Leica M2 a souvent été considéré comme le « petit frère » du Leica M3. L’esthétique de ce boîtier prolongeait l’évolution stylistique des boîtiers M. Le viseur passait de 0,91 à 0,72 et trois cadres indiquaient le champ couvert par les objectifs 35, 50 et 90mm (innovation très appréciée des photoreporters). Une cellule posemètre « Leicameter » permettait un couplage direct avec la vitesse de déclenchement, en fonction de la sensibilité du film chargé et de l’ouverture de diaphragme choisie.

Leica M2 - Karine Nowak

  • 1959 – Leica M1

Le Leica M1 est une version économique du M2, dépourvue de télémètre. Ce boîtier était prévu pour être utilisé en adaptant un visoflex. Il pouvait également être utilisé avec un objectif grand angulaire avec viseur dédié impliquant des prises de vues en hyperfocale, ou encore avec un objectif 135mm avec viseur dédié. Le télémètre pouvait cependant être ajouté à la demande par les ateliers Leitz.


  • 1967 – Leica MDa

Plusieurs modèles de boitiers sans viseur ni télémètre ont été conçus spécifiquement pour les Visoflex. Il était possible d’y adapter des téléobjectifs Telyt jusqu’à une focale de 560mm. Le Visoflex 3 est une chambre reflex destinée aux objectifs à baïonnette, permettant de transformer tous les boitiers télémétriques M en véritables reflex. Le Leica Winder M permettait les prises de vues en mode continu à raison de 2 images par seconde. Le soufflet M Macro Leica est spécifiquement destiné au travail sur pied avec éclairage de studio.

Leica MDa - Karine Nowak

  • 1983 – Leica M4-P

Une partie de la production du Leica M4 a été confiée à la filiale canadienne de Leitz. La manivelle de rembobinage était inclinée avec un levier rabattable plus pratique. Le levier d’armement coudé était articulé à son extrémité. Le viseur comportait quatre cadres pour les focales 35mm, 50mm, 90mm, et 135mm. La cellule posemètre « Leicameter » était optimisée par un petit écran booster.

Leica M4-P - Karine Nowak

  • 1971 – Leica M5

Les années soixante-dix ont été marquées par l’essor des appareils photographiques reflex, au détriment des boitiers télémétriques. Avec le Leica M5, la firme de Wetzlar a réagi en bouleversant à la fois les critères techniques et esthétiques de sa gamme M. Ce modèle se distinguait par un design novateur dissimulant la manivelle de rembobinage sous la semelle. La cellule posemètre était pour la première fois intégrée dans le boitier.


  • 1973 – Leica CL

Le Leica CL était le premier appareil conçu en partenariat avec la firme japonaise Minolta, dans un contexte de démocratisation de la photographie. Ce petit boitier télémétrique avait l’avantage d’être léger et comportait une cellule intégrée. Proposé avec deux objectifs dédiés (Summicron C40 et Elmar C90) le Leica CL pouvait recevoir également toutes les optiques de la série M.

Leica CL - Karine Nowak

  • 1998 – Leica M6 TTL

Renouant avec sa ligne au design mythique, le Leica M6 intégrait un posemètre à mesure sélective et un affichage à diodes lumineuses dans le viseur. Il pouvait en plus être équipé d’un moteur d’armement permettant d’effectuer trois prises de vues par seconde. Le Leica M6 est devenu l’appareil préféré des reporters.

Leica M6 TTL - Karine Nowak

  • 2002 – Leica M7

Le Leica M7 proposait un mode automatique sur le barillet de sélection des vitesses. Le déclencheur était électromagnétique. L’alimentation du posemètre comme du déclencheur s’effectuait avec deux piles de 6 volts. Afin de ne pas décevoir les puristes, le Leica M7 permettait une utilisation sans pile pour les temps de pose de 1/60ème et 1/125ème, dont la commande était alors mécanique.


  • 2006 – Leica M8

Le Leica M8 a résolument marqué l’entrée de la marque Leica dans l’ère numérique. Le capteur de ce premier boitier M numérique était au format APS avec une résolution de 10,5 mégapixels. Le Leica M8 a connu un grand succès car il réussissait l’exploit d’être à la fois télémétrique et numérique !

Leica M8 - Karine Nowak

  • 2009 – Leica M9

Avec les progrès du numérique, l’augmentation de la définition des clichés nécessitait des cartes mémoire toujours plus performantes et termes de stockage comme de vitesses d’écriture et de lecture. Le Leica M9 était le premier modèle pourvu d’un capteur CCD plein format (24 X 36 mm) d’une résolution de 18 mégapixels.

Leica M9 - Karine Nowak

  • 2012 – Leica M typ 240

Le Leica M typ 240 était équipé d’un capteur CMOS plein format d’une résolution de 24 mégapixels, intégrant pour la première fois la fonction vidéo. Il comportait un microphone incorporé ainsi que la fonction live-view intégrée. Un Visoflex électronique EVF2 (Electronic View Finder) permettait la visée réflex mirrorless inaugurant une nouvelle génération d’appareils photographiques. Ainsi, les nouveaux Leica M numériques n’étaient plus exclusivement des appareils télémétriques mais devenaient des appareils dits « hybrides », offrant une visée réflex sans miroir (mirrorless) par renvoi de l’image perçue sur le capteur directement sur le mini écran du EVF.

Leica M typ 240 - Karine Nowak

  • 2017 – Leica M10

Le nouveau Leica M10 retrouve les dimensions d’origine des boîtiers M argentiques, ce qui en fait l’appareil numérique M le plus fin. Son capteur CMOS 24 mégapixels revient aux fondamentaux de la photographie. La fonction vidéo est donc absente de ce boitier. Le M10 permet les prises de vues jusqu’à 5 images par seconde. Son viseur a été élargi de 30% afin d’optimiser la vision du sujet. Un module WLAN intégré permet de connecter le boîtier à un IPhone ou un IPad. Le nouvel EVF offre un confort de visée optimale, renforcé par l’amélioration de l’assistance à la mise au point à l’aide du bouton « peaking view » situé sur la face du boîtier au-dessous du déclencheur.

Leica M10 - Karine Nowak

  • 2020 – Leica M10R

Equipés d’un capteur de 40 mégapixels de résolution, les Leica M10M (pour Monochrome) et Leica M10R (pour Résolution) complètent la famille M10. Jusqu’où ira la recherche de perfection initiée par le Leica M inaugural, le Leica M3 ?…

Leica M10R - Karine Nowak

  • 2022 – Leica M11

Le Leica M11 offre une flexibilité maximale, une qualité d’image époustouflante et un design intemporel, prolongeant la légende de ses prédécesseurs. Un capteur CMOS BSI exclusivement conçu avec une technologie triple résolution permet de produire des fichiers RAW au format DNG avec 18, 36 ou 60 mégapixels, toujours en utilisant la zone complète du capteur et en faisant varier la grandeur de chaque pixel. L’option 60 mégapixels offre une qualité d’image sans précédent avec un potentiel d’impression maximal, tandis que les résolutions inférieures permettent l’obtention de fichiers plus légers. En plus de l’emplacement pour carte SD, ce boîtier est équipé d’une capacité de stockage interne de 64 giga-octets, permettant d’enregistrer les fichiers image simultanément sur deux supports de stockage différents et de bénéficier d’un niveau élevé de protection des données. Ce nouveau capteur de 60 mégapixels, rétroéclairé, est basé sur la colorimétrie du film kodachrome 64.

Leica M11 - Karine Nowak

L’ensemble des modèles créés par Leica est visible au Leitz-Park, en Allemagne. Le Leitz Park est un lieu où tous les passionnés de photographie pourront visiter le musée dédié à la marque, la manufacture, les expositions…etc…

https://leica-camera.com/fr-FR/Leitz-Park